Animal Kingdom

Animal Kingdom de David Michôd

Gonzo Gangsta

Inutile de dire qu’un film qui s’intitule Animal Kingdom, n’est pas un pendant pour adultes du Livre de la Jungle. Oubliez tout de suite l’atmosphère Disney et ses chants aussi entêtants que niais.

Autre temps, autre lieu, autre ambiance. Ce royaume-ci empeste la pourriture, la violence, la vengeance.

Notre petit agneau du jour, Joshua 17ans (James Frecheville) débarque dans la famille de sa junkie de maman, les Cody, après son décès par overdose. Que se passe-t-il quand un agneau débarque dans un clan de lions? Il se fait dévorer ou il s‘adapte pour survivre. Darwinisme social.

Petit portrait. Famille australienne classique ou plutôt famille royale du crime à Melbourne. Braquages, meurtres, intimidation, blanchiment d’argent. Une vraie PME familiale. Trois oncles habitués des services de police, dont un (le psychopathe attitré de la famille) est en fuite. La mère de ces citoyens modèles (Jacki Weaver), omniprésente, manipulatrice est le pilier de ce milieu (et dont la disparition de sa propre fille, la mère de Joshua, ne semble pas  exactement l‘émouvoir). Un matriarcat tribal sur fond de relents incestueux. Ambiance.

Une banlieue d’une banalité étourdissante où toutes les maisons sont semblables, classe moyenne, des acteurs aux physiques lambda, pas de fringues de couturiers ou de voitures de luxe. Même Guy Pierce en « gentil » flic moustachu a réussi à extirper de sa personne tout glamour et sex appeal. Une performance en soi. Pas de super mafieux à la Scorsese, ni de héros sans peur et sans reproche, pas d’explosions grandiloquentes qui confinent au grotesque. Juste la banalité d’un quotidien bien glauque dans un monde gris où le crime est la norme. Un monde en huis clos permanent entre les membres du clan Cody où l’on joue à loisir les victimes et les bourreaux. Heureusement le sens moral des policiers, justiciers de la ville de Melbourne, va rehausser le niveau. Raté. Corrompus et eux aussi poussés par leur plus bas instincts, les flics nous offrent une splendide débâcle du genre humain.

L’arrivée de Joshua dans la vie des Cody est l’élément extérieur qui les poussera tous à faire face à leur vraie nature. Les trahira-t-il pour sauver ce qui peut encore l’être ou son besoin pathologique d’appartenance sera-t-il plus fort que le sens commun?

Singulier film de gangsters, il garde malheureusement les codes du genre très largement éculés, par exemple « le parrain », sniffage de coke, LE bon flic vs LES mauvais flics…Heureusement personne n’échappe aux lois cruelles et immuables du règne animal.

La loi du plus fort est toujours la meilleure.

 

E.L

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Catégories :Ciné

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