Frankenweenie de Tim Burton

Frankenouioui

Que faire quand on est un enfant atypique, coincé dans un corps et un monde d’adultes ? Se   réfugier le plus souvent possible dans l’univers que l’on a créé selon ses propres désirs et aspirations.

Tim Burton est un des membres les plus éminents de la clique des assimilés « freaks », et pour avoir tous connus, subis et survécus (pour la plupart) aux affres de l’enfance et de l’adolescence, nous savons à quel point traverser ces âges peut être l’exploit d’une vie. Et aussi à quel point nous pouvons être  salopards à l’égard de ce que nous estimons comme différents, c’est-à-dire à peu près tous les autres.

L’œuvre burtonienne est une performante et permanente catharsis de tous ses vieux démons d’enfant. Ils sont pléthores et traversent donc toute sa filmographie, que ce soit films d’animation, courts métrages d’études ou blockbuster hollywoodien un peu foireux (La planète des singes, seul représentant de cette catégorie) : la différence et sa non acceptation qui conduit  donc à l’exclusion (après un bref moment de répit où l’on aurait pu croire qu’une issue favorable était envisageable, cf. : le très beau et très triste, cela va souvent de pair, Edward aux mains d’argent), la remise en cause des dogmes, le curiosité intellectuelle, la critique acerbe de ces banlieues pavillonnaires et le besoin viscéral d’être aimé (liste non exhaustive).

Burton décline aussi ces thématiques dans ses fameux films d’animation, ô combien éloignées du monde coloré et chiqué de son ennemi juré : l’entreprise Disney.

Mais comme il ne faut jamais dire jamais (non je ne sortirai jamais avec ce mec, il est trop con et je boirai plus jamais d’alcool. Sachant que ces deux  propositions ont une forme de rapport de cause à effet), Burton, 25 ans après un premier passage chez Disney fort mal vécu, s’est allié avec le diable aux oreilles de souris afin de faire apparaitre sous nos yeux ébahis son premier film produit par Disney.

Dieu merci, Burton n’a pas renoncé à ses antihéros habituels ni à ses questionnements qui sont aussi les nôtres.

Victor est un jeune garçon solitaire, créatif, qui aime comprendre,  les sciences et les questions, et se suffit à lui-même. Son seul ami est son chien, l’adorable Sparky. Mais Sparky meurt. Inconsolable, Victor décide de le ressusciter. Surtout, il y parvient ! Le rêve de tout être humain confronté au décès de son exceptionnel et incroyable animal de compagnie. Un animal c’est comme un gosse : le sien est toujours le plus beau, le meilleur et le plus intelligent. On fait semblant de concéder l’avantage à ceux des autres alors qu’au fond de soi on en est sûr : c’est bien Gustave le top of the pops. Bref Sparki revient et s’en suit diverses péripéties qui aboutiront sur un très dysnéien happy end, un poil (de chien) décevant pour les fans de Burton. Mais ne faut-il pas de temps en temps succomber aux tentations langoureuses de la facilité d’une fin bisounours ?

Que retenir de cette nouvelle livraison  de notre ami ? Tout d’abord il s’agit de son meilleur film et de loin depuis… Depuis Sleepy Hollow, en 2001. Rien de novateur, les mêmes thématiques sont traités mais avec une certaine nostalgie et beaucoup d’émotions.  Et les incursions humoristiques plus convaincantes et naturelles que d’habitude.

Mais surtout cette phrase prononcée par le père de Victor : « les adultes se trompent ». Les grands se trompent, l’admettent le disent et finissent par suivre les gamins dans leur « folie » parce qu’elle est la voie la plus raisonnable, celle du sentiment ; envers et contre tout. L’amour encore et toujours.

Burton, petit garçon en recherche constante de reconnaissance parle de nous dans notre rapport aux autres avec poésie et tendresse. On dit merci qui ? Merci Sparky !

 

Anne de Beaumont

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Catégories :Ciné

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